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mai 9, 2024 0 Comments

Les Thuyas font place aux haies indigènes

Dans un mouvement de retour aux sources écologiques, les haies de thuyas, autrefois emblématiques des aménagements des années 60, cèdent la place à des alternatives plus respectueuses de l’environnement. En effet, les haies monospécifiques de thuyas et de laurelles ont été utilisées en masse, pour délimiter les parcelles, ces espèces exotiques ont un effet acidifiant sur les sols. En Suisse romande, une prise de conscience croissante pousse propriétaires et municipalités à privilégier les haies composées d’espèces indigènes. Ces plantes locales, s’harmonisant naturellement avec l’écosystème régional, jouent un rôle crucial dans la préservation de la biodiversité en offrant abri et nourriture à la faune.

Le choix des semences et des plants est également au cœur des stratégies de développement durable urbain. Opter pour des “végétations indigènes adaptées à la station” n’est pas seulement une mesure de conservation, mais un moyen d’accroître la résilience des espaces verts face aux défis climatiques. Les pépinières locales, répondant à une demande croissante, proposent une diversité d’arbustes comme le saule, l’alisier, et le genévrier, favorisant ainsi l’intimité sans compromettre la biodiversité.

Des initiatives municipales telles que les subventions offertes à Yverdon-les-Bains, Renens, et Veyrier illustrent l’engagement des communautés à transformer leurs environnements bâtis. Mona Silli, déléguée à la durabilité à Yverdon-les-Bains, souligne que ces subventions encouragent activement les propriétaires à adopter des pratiques écologiques, renforçant ainsi le tissu vert urbain.

Les zones urbaines, avec leurs défis uniques tels que les sols imperméabilisés et les températures élevées, requièrent parfois l’usage complémentaire d’espèces non indigènes ou cultivées pour améliorer la qualité de vie et atténuer les îlots de chaleur. Cependant, la priorité reste de favoriser les plantations d’espèces indigènes qui constituent au moins 80% de la végétation dans les espaces naturels selon les standards du SNBS Bâtiment 2021.

Ce réalignement des pratiques de jardinage et d’aménagement paysager vers des solutions plus durables et écologiquement responsables marque un changement significatif dans la manière dont nous envisageons la relation entre nature et urbanisme. La biodiversité en milieu urbain est un objectif essentiel. En intégrant harmonieusement des plantes indigènes et des variétés cultivées dans les projets de développement et de rénovation des espaces ouverts, nous pouvons favoriser un meilleur équilibre écologique. Cette approche contribuera à rendre nos villes plus agréables à vivre tout en soutenant un environnement plus sain et durable.